Menottes aux chevilles et tout vacille !

Désirée examinait la luxueuse salle de bain. Elle semblait surprise. Cela se voyait à la petite ride qui barrait son front. Paradoxalement, elle n’en était que plus belle. Il faut dire que son port altier, ses longues jambes, son regard qui vous dominait, et son sourire irrésistible contribuaient à la faire reine parmi les reines. Elle avait très vite su qu’elle était belle. Elle avait très vite vu le pouvoir qu’elle avait sur les garçons. Elle avait été amoureuse. Elle en était revenue, sidérée par la bêtise des mâles. Cela faisait dix ans qu’elle n’avait pas dit « je t’aime » à un homme. Elle s’arrangeait juste à le leur faire croire. Elle était intelligente, et s’était dit qu’il n’y avait aucune raison de ne pas profiter de l’attrait qu’elle exerçait.

Cela faisait donc quelques années qu’elle s’arrangeait pour se choisir les amants les plus fortunés de la ville. Jamais plusieurs au même moment, toujours en toute discrétion, pour se préserver une réputation. Ce n’est pas qu’elle leur extorquait de l’argent, mais ils se sentaient obligés de lui faire des cadeaux qui allaient directement enrichir son patrimoine. A bientôt 30 ans, elle avait déjà maisons, appartements, terrains qu’aucun de ses amants ne pouvaient soupçonner. Elle ne se considérait pas comme une prostituée mais se gardait bien de les juger. Elle n’avait aucun scrupule à coucher avec ses amants sans éprouver de sentiment à leur égard. Comme on disait dans son quartier populaire de la capitale de ce pays perdu au fond des tropiques, « le sexe, ce n’est pas le savon, ça ne finit pas à l’usage ». Elle le considérait comme un moyen efficace d’atteindre ses objectifs. Bien sûr, elle avait connu des orgasmes. Mais sans plus. Sa priorité ayant toujours été de combler l’amant, pour qu’en retour il la comble. Mais avait-elle conscience d’un manque, de la non plénitude de cette vie ? Toujours est-il qu’elle arborait souvent un masque empreint de tristesse. Cela lui donnait un air mystérieux qui attirait encore plus les hommes.

Ce soir-là, elle se trouvait chez Bernard. Il n’avait l’air de rien. Ou plutôt, il n’était pas particulièrement séduisant : la petite cinquantaine, déjà chauve, un ventre qui se laissait bien voir. Il avait roulé sa bosse. Mais il avait pour lui un sourire très entrainant. Ce sont ses rabatteurs qui l’avaient mise sur le coup. Il était visiblement très riche, ils avaient appris qu’il était veuf et qu’il cherchait de la compagnie. Elle s’était habilement fait aborder, et ils étaient sortis ensemble deux ou trois fois. A sa grande surprise, elle avait passé à chaque fois, un moment très agréable. Il était drôle, cultivé, capable de lui parler aussi bien des châteaux européens que des traditions de toutes les ethnies les plus reculées de l’arrière-pays. C’est tout naturellement qu’il l’avait invitée chez lui. Une somptueuse villa dans le quartier des expatriés. Elle savait que le moment était venu, et s’apprêtait à déballer le grand jeu.

Elle sortit de la salle de bain. Elle s’était drapée d’une nuisette vaporeuse. Elle s’avança vers lui. Elle l’enlaça et sa main essaya de se faufiler vers son membre. Mais, cela ne se passa pas comme d’habitude. Il enleva ses mains, recula d’un pas et la contempla en souriant.

- Allonge-toi là. lui dit-il d’une voix rauque.

Surprise, elle s’allongea néanmoins sur le lit. Il commença par lui faire des baisers sur les joues, les tempes, les yeux clos. Il effleura ses lèvres, puis s’attarda sur son cou. Puis ce fut sa poitrine. Elle restait immobile. Elle avait eu des amants qui avaient essayé d’être attentionnés, mais elle ne leur avait jamais laissé le champ libre. Mais là, elle ne disait rien, ne bougeait pas. Offerte. Et commença à savourer la sensation agréable qui montait.

Bernard continuait ses caresses. Il s’attarda sur les seins, comme s’il en savourait les auréoles et voulait mémoriser entièrement la forme et le goût de ses tétons. Désirée se surprit à gémir. Bernard leva les yeux vers elle.

- Tu aimes ?

Elle ne répondit pas. Il continua de descendre. Il en était à son ventre, tandis que ses mains pétrissaient ses fesses. Puis ce fut ses reins, et… Son sexe. Sa langue effleura son bouton de plaisir. Elle se cabra pour accueillir ses caresses. Mais Bernard ne s’y attarda pas. Il continua de descendre. L’intérieur des cuisses. Les hanches de Désirée ondulaient maintenant langoureusement. Il continua de descendre, les mollets, puis les chevilles. Elle sentit un contact froid sur ses chevilles.

Clac ! Clac.

Ses chevilles étaient prises dans des menottes. Elle eut peur. Mais se détendit. Elle avait envie d’avoir confiance. Bernard se redressa, et elle le vit appuyer un bouton. Aussitôt, elle sentit ses jambes venir vers elle. Elles étaient attachées à une barre qui maintenant repartait vers ses fesses. Elle se retrouva les jambes pliées, ouvertes. Impossible de bouger. Bernard regardait cela avec satisfaction. C’est apparemment la position qu’il souhaitait qu’elle ait.

Il s’allongea entre ses jambes et recommença sa caresse buccale. Désirée se cabra de nouveau. Elle avait l’impression d’avoir le ventre en feu.

Nouveau bruit, et elle vit une espèce de plumeau descendre du plafond en tournoyant. Bernard, concentré ne semblait pas en avoir conscience. Les plumes de l’engin lui touchèrent le corps. C’était doux. Les plumes tournaient doucement. Sur ses seins, son ventre, sur ses cuisses, sur son pubis, sur son sexe (et alors Bernard s’écartait). Les mouvements étaient en alternance. Doux et vifs. Précis. Une sensation complètement inconnue. Et Bernard qui continuait sa caresse clitoridienne… Elle agrippait les barreaux du lit. En sueur. Elle essayait de résister à la houle qui montait. C’était peine perdue. Le « plumeau » la caressait. Bernard la caressait. Elle sentait son souffle s’accélérer. Puis Bernard Lui introduisit deux doigts dans le vagin, simultanément à ses caresses. Elle explosa dans un cri, les mains sur la tête de Bernard. C’était bon.

Et avant qu’elle ait repris ses esprits, les menottes étaient ôtées et Bernard l’avaient retournée. Elle était maintenant à genou. Elle se rendit compte qu’elle était face à une grande glace. Elle put ainsi voir Bernard se mettre à genou derrière elle. Elle sentit qu’il la pénétrait. Elle le vit agripper ses hanches. Le contact de ses mains sur elle lui plaisait. Il commença à aller et venir en elle. D’abord doucement. Se faisant, il lui caressait doucement le dos, les fesses, la raie des fesses. Puis il accéléra légèrement le rythme. Elle n’avait pas eu le temps de « descendre ». Elle sentit presque aussitôt les vagues de plaisir revenir. Bernard, la caressant toujours d’une main tandis que l’autre maintenait fermement sa hanche, explora l’entrée de son anus. Puis y introduisit timidement un début de doigt.

Elle s’entendit dire « plus fort, vas-y ». Il lui mit le doigt. La pistonnant maintenant rapidement. Elle le voyait par la glace, les yeux fermés. Des gouttes de sueur perlant sur son front. Elle se sentait femme. Elle voulait s’offrir, s’ouvrir encore plus. Bernard enleva son doigt pour mieux la tenir. Par les deux hanches. Il donnait maintenant de grands coups. Elle sentit qu’elle allait jouir. Bernard dût le sentir aussi. Il lui donna une claque puissante et ferme sur ses fesses. Etait-ce la sensation sublime ? Etait-ce la vision de ses fesses qui tremblaient suite à la claque ? Était-ce le sourire satisfait sur le visage de Bernard ? Toujours est-il qu’elle jouit de nouveau. Bruyamment cette fois. Elle s’affaissa de l’avant. Elle ne réalisa presque pas que Bernard aussi venait de jouir en elle dans un cri rauque.

Ils étaient maintenant allongés sur le lit, côte à côte. Elle n’avait pas complètement émergé. Mais elle s’entendit murmurer « Je t’aime ». Pourquoi avait elle dit ça. Elle voulut atténuer sa déclaration : « à première vue, on dirait pas, mais ça se voit que tu as roulé ta bosse, toi ! »

Bernard sourit…

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