Le sexe n'a pas d'âge (Partie 2)

J’ai souvent l’impression que la libido des femmes est un sujet totalement tabou dans nos sociétés occidentales soi-disant modernes (et pas seulement chez les hommes). Et c’est encore pire une fois que l’on est mère et/ou que l’on a passé la quarantaine. J’ai le sentiment qu’une fois l’un de ces deux statuts avérés, une femme se doit d’être totalement inoffensive sexuellement. D’ailleurs, quand on ajoute le substantif « de maman » pour désigner quelque chose, c’est pour signifier quoi ? Quelque chose de tranquille, de sympathique et réconfortant certes, mais d’absolument pas palpitant… Même quand on parle d’érotisme d’ailleurs, quand on qualifie de « mummy porn », c’est-à-dire littéralement de porno pour maman un bouquin plus ou moins équivalent aux romans Harlequin que je lisais quand j’avais quinze ans.

Mais sachez une chose, Messieurs : non, vous n’êtes pas les seuls à avoir une libido. Oui, les femmes aussi ont parfois envie de baiser. Et bien plus que vous ne le pensez ! La seule différence, c’est que nous, nous savons nous tenir, et nous n’irions pas importuner quelqu’un qui ne nous a rien demandé. Bref, tout ça pour dire qu’à l’âge de quarante-quatre ans, et d’aussi loin que je me souvienne, dès que j’ai eu l’âge d’être une femme, j’ai eu des envies de sexe, plus ou moins fortes, plus ou moins longues, cela dépendait des périodes.

Et il m’arrive parfois d’être très frustrée. Comme c’est le cas actuellement, notamment depuis mon divorce. Et c’est assez insupportable, car j’ai l’impression que tout mon cerveau se détraque : je suis à la fois nerveuse et irritable (surtout quand on parle de sexe autour de moi), tout en étant lasse et en n’ayant envie de rien (et de tout en même temps, c’est assez difficile à expliquer). Pire, quand j’ai envie de sexe, je ne me promène plus tranquillement dans la rue, de manière innocente. Non, mon cerveau passe en mode radar, et je scanne absolument tout le monde ! Mon regard devient une antenne, je détaille chaque visage croisé, et dans le même temps, je prononce le verdict dans ma tête : « Toi, je te baise ; toi je te baise pas ; toi je te baise ; toi je te baise, mais personne le saura jamais ; toi je te baise dans cinq ans ; toi je te baise y a dix ans ». Bref, chaque pas devient une opportunité de satisfaire ma libido.

C’est à peu près dans cet état que je retombe un peu par hasard sur le profil de Julien. Oui, nous parlons bien d’un site de rencontre, sur lequel je me suis inscrite il y a quelques mois, sur le conseil d’une amie. Pour être tout à fait honnête, je n’en attendais pas grand-chose. Eh bien malgré ça, j’ai quand même été déçue, voire effarée ! Soyons franche : je suis le genre de femme que les hommes ont du mal à regarder dans les yeux. En effet, côté poitrine, dame nature m’a vraiment gâtée, et m’a pourvue d’un beau 95 E. Et j’ai pu constater, à quel point elle fascinait les hommes, en presque trois décennies : entre ceux qui jettent un coup d’œil discret, ceux qui en rejettent un second immédiatement, comme pour être sûr qu’ils n’avaient pas rêvé, ou encore ceux qui bloquent complètement dessus… Après, ça ne m’a jamais réellement dérangé, et lorsque c’est le cas, je sais parfaitement remettre les indélicats à leur place. Mais connaissant également la petite nature des hommes face à mes seins, j’ai également appris à m’habiller de façon à les camoufler du mieux possible quand je veux avoir la paix, même si cela m’énerve de devoir en arriver là.

Autant vous dire que je n’ai pas été déçue lors de mon inscription sur ce site de rencontre : à peine quelques minutes après avoir téléchargé quelques photos, je recevais déjà des messages, et pas des plus fins. Je précise que ces photos n’avaient absolument rien de provocant : pas de photos à la plage, aucun morceau de lingerie, tout au plus devinait-on mon imposante poitrine sous un chemisier. Malgré ça, j’ai eu la désagréable impression d’être un morceau de viande jetée au milieu d’une meute de chiens. Du coup, je me suis résignée à mettre les photos les plus tartes que j’avais, où à les cadrer au mieux sur mon visage.

Bref, c’est alors que j’étais plus ou moins en train de maudire la gent masculine et sa veulerie (car je le sais pertinemment, aucun des individus m’ayant envoyé ces messages pour le moins indélicats n’aurait osé s’adresser à moi de la sorte de vive voix) que je suis tombée sur le profil de Julien. Mignon, intelligent, sa présentation pleine d’humour absurde et d’autodérision m’avait fait rire, bêtement, seule devant mon ordinateur. Bon, il avait vingt et un ans, autant dire bien jeune, bien trop en tout cas pour qu’il ne se passe quoi que ce soit entre nous. Je lui avais envoyé un message le plus neutre possible (oui, un message de maman, c’est exactement ce que je me suis dit aussi pendant que je l’écrivais), pour lui dire que son profil m’avait vraiment amusée, que cela me changeait un peu de tout ce que je voyais sur le site, et pour lui souhaiter bonne chance pour la suite. Gentiment, il m’avait répondu pour me souhaiter la même chose.

Et là, aujourd’hui, alors que j’ai l’impression que ma libido suinte par tous les pores de ma peau, voilà que le site me propose de garder contact avec lui, me jetant son joli minois au visage. Je sens mon pouls s’accélérer alors que je clique sur le bouton « Répondre » dans ma messagerie. Carole, qu’est-ce que tu es en train de faire ? Il pourrait être ton fils, non, mais regarde-le !, Mais oui, je le regarde, et la sentence est immédiate : je le baise, je le baise, je le baise, pas dans dix ans, pas dans cinq ans, mais tout de suite ! En plus, je sais que je n’ai qu’une seule chose à faire pour le mettre le petit Julien et toute sa vigueur entre mes cuisses : modifier ma photo de profil et en afficher une qui mette ma poitrine en valeur, juste un petit peu… (Mal ?)

Heureusement, la maman qui sommeille en moi réussit à reprendre le contrôle, et je lui envoie un message vraiment lamentable où je lui demande comment il va, et lui explique que je suis vraiment perdue sur le site… Alors que je suis encore en train de maudire mon manque de témérité, je vois qu’il me répond, gentiment en plus : il me confie que c’est pareil pour lui, et me dit qu’il va sans doute se désinscrire. Oh non, tout, mais pas ça ! Allez Carole, un peu d’audace : affiche ton plus beau décolleté en photo de profil et propose-lui un rendez-vous !, Mais encore une fois, je n’ose pas, par pudeur, et peut-être aussi pour éviter de constater à quel point cela aura été efficace, même avec lui, et le voir devenir un goujat comme tant d’autres. Je me contente de minauder et de lui dire que c’est dommage, que je trouvais vraiment son profil super…

Allez, soyons folle ! Harcelée par ma libido, j’ose sous-entendre, comme ça, l’air de ne pas y toucher, que j’aurais bien aimé le rencontrer. Alors que je m’attends au mieux à une absence de réaction de sa part, il me répond pourquoi pas ? Oh, mon dieu, jeune inconscient, tu n’as pas idée de ce que tu viens de faire : Carole la maman vient de laisser sa place derrière le clavier à Carole la cougar ! Dans la foulée de son message, je lui propose un rendez-vous dans un café bistrot pas trop loin de mon appartement, des fois que… Hourra, il accepte ! Cette fois, c’est sûr, nous allons bais… nous rencontrer en fin de semaine.

Je passe les quelques jours qui me séparent de mon tout premier rendez-vous virtuel/réel à faire le grand huit émotionnel. C’est encore pire que lorsque j’ai « juste » envie de sexe : j’ai l’impression que ma raison et ma libido font une partie de ping-pong infernal dans mon cerveau. Finalement, le grand jour arrive, et me voilà devant mon dressing à choisir ma tenue. J’hésite, car je sais que c’est en grande partie là que tout va se jouer. Bon, le bas, pas d’hésitation : ma jupe mi-longue en cuir fétiche bordeaux. Elle est classe, et me met en valeur tout en étant confortable. Mais le haut ? Décolleté, pas décolleté ? Je sais à quel point ce point de détail vestimentaire peut faire travailler l’imagination des hommes. Après d’innombrables essais, j’opte finalement pour un sage et ample chemisier noir, qui camoufle assez bien mes formes. Comme ça, je pourrai avoir une conversation normale avec le petit Julien, sans le voir loucher pendant tout le repas. C’est sans doute mieux.

Cela fait une dizaine de minutes que je suis attablée sur la terrasse, une petite laine sur le dos. Je suis arrivée très en avance, pour ne pas avoir à changer à nouveau de tenue ou rectifier encore mon maquillage. Je suis en train de lire lorsque Julien arrive. Mazette, il est encore plus mignon en vrai que sur ses photos. Alors que je me demande comment je vais faire pour ne pas lui sauter dessus tout de suite, nous nous faisons la bise et il s’installe face à moi.

Commence alors un long calvaire. Vous voyez ces repas de famille interminables, où il y a toujours un oncle ou un cousin un peu lourdingue qui n’arrête pas de parler et qui fatigue tout le monde. Eh bien, c’est pareil ce soir, sauf que je suis l’oncle chiant. Et surtout, j’ai parfaitement conscience d’ennuyer tout le monde. C’est-à-dire présentement mon voisin de table, Julien. Il n’a quasiment pas dit un mot de la soirée. Je pense que je ne supporterai pas qu’il y ait un blanc, du coup, je parle, je parle. Et lui m’écoute, acquiesce parfois, toujours en silence. Il n’a pas envie d’être là, ça se voit… Je dois être un petit peu maso, car je parviens à le retenir en commandant une salade (à la base, nous devions juste boire un café).

Nous arrivons au dessert, je suis de plus en plus mal à l’aise. Il ne veut rien prendre, et attend manifestement la fin du repas avec la plus grande impatience. Je me dis que je n’ai plus rien à perdre. Alors qu’il regarde ailleurs (sans doute vers la sortie), je déboutonne discrètement le dernier bouton de mon chemisier. Et je lui fais glisser la carte des desserts sur la table en lui conseillant une crème brûlée, arguant qu’elles sont excellentes. Bien sûr, tout cela n’est qu’un prétexte pour sournoisement me pencher en avant… L’effet est immédiat : je vois le pauvre Julien se perdre dans mon décolleté (pour le coup assez provocant). Ses yeux s’écarquillent, sa bouche s’ouvre même imperceptiblement. Il doit bien rester bloqué une seconde entière sur ma poitrine, avant de se reprendre et de plonger dans le menu que je lui tends. Je ne peux retenir un léger sourire, même si au fond de moi, je m’en veux un peu. Mais qu’importe, le résultat est là : Julien a commandé une crème brûlée, et force est de constater qu’il est devenu bien plus loquace. Je le soupçonne même de lutter pour continuer à me regarder dans les yeux, heureusement, lorsque je me tiens droite, même avec mon bouton en moins, il n’y a rien de scandaleux. Au final, la fin du repas se passe plutôt agréablement, au point que je regrette presque mon manque de courage vestimentaire : le jeune homme blasé est devenu un vrai gentleman, bavard, intéressé par ce que je fais… Ah le pouvoir magique du décolleté ! Il propose même de m’inviter, c’est dire ! (ce que je refuse, toutefois).

Nous finissons par sortir du bistrot, cette fois, je sens clairement que c’est lui qui cherche à prolonger notre rendez-vous. Il me parle bien du métro qu’il doit prendre, mais sans montrer aucune réelle volonté de départ, j’ai plus l’impression que c’est pour se donner un genre. Du coup, j’en profite pour le taquiner sur son âge, ce qu’il apprécie moyennement. Allez, je rattrape le coup en lui flattant son ego : je lui demande de me raccompagner chez moi, prétextant ne pas vouloir rentrer seule. En gentleman, il accepte.

Je profite de l’aubaine pour m’accrocher à son bras (je cherchais depuis longtemps un premier contact tactile), et nous partons tous les deux, comme un petit couple. Cela me fait un bien fou, et je me rends compte à quel point j’avais besoin de sentir la présence, le contact d’un homme. D’ailleurs, cela fait à peine cinq minutes que je m’agrippe à lui et j’en mouille déjà ma culotte, c’est fou… J’essaye de me reprendre et de ne pas lui sauter dessus, mais je réalise tout à coup que je sens son coude frotter légèrement contre mes côtes lorsque nous marchons. Je me dis que je n’ai qu’à légèrement me tourner vers lui pour amener son bras à effleurer ma poitrine. « Carole, Carole, est-ce bien raisonnable ? » me dis-je dans un soliloque. « OUUIII ! » me hurle ma libido à travers tout mon corps. Tout en continuant de parler, je me tourne imperceptiblement vers lui, de façon à ce que son bras vienne au contact de mon sein droit. Encore une fois, effet immédiat : je sens qu’il a soudain bien du mal à articuler ses phrases et à marcher droit. De mon côté, ma température corporelle augmente encore de quelques degrés, en même temps que mon cerveau commence à divaguer en imaginant sa virilité toute raidie par ma faute…

Je vois me faire violence pour ne pas lui sauter dessus lorsque nous arrivons devant chez moi. Je me dis que je dois avoir l’air d’une folle, tellement j’ai l’impression que mon corps implose de désir : le cœur battant la chamade, le teint écarlate et le regard halluciné. Heureusement, il ne remarque rien. Comment le faire monter chez moi à présent ? Le garçon est timide, et je ne le vois pas s’inviter chez moi de lui-même (même si je n’attends que ça). Malgré l’excitation (ou peut-être grâce à elle), je trouve l’inspiration : l’ampoule de ma salle de bain qui a claqué ce matin ! Il me faut absolument un grand gaillard comme lui pour m’aider à la changer, à défaut d’un escabeau (que j’ai dans un placard, au demeurant). Qu’importe, je lui propose un dernier café, et dans la foulée, je lui parle de mon ampoule à changer. Au passage, j’en profite pour le taquiner encore une fois à propos de l’heure tardive (j’ai pu voir que ça le faisait réagir). Et pour mettre toutes les chances de mon côté, alors que je lui expose mon problème d’éclairage, je tente de dévisser maladroitement une ampoule imaginaire, les bras au-dessus la tête le buste en avant. Manœuvre sans doute peu subtile, mais efficace, puisqu’il accepte volontiers de me rendre ce petit service. Évidemment !

J’ai lu il y a peu sur un blog (oui, quand je suis frustrée, j’aime perdre mon temps à lire des citations qui se rapportent au sexe !) cette citation attribuée à Gorges Clemenceau : « le meilleur moment de l’amour, c’est quand on monte l’escalier ». Eh bien, c’est totalement faux : le plus long, le plus interminable, le plus frustrant, oui ! Quand on arrive (enfin !) devant chez moi, ma culotte est littéralement en train de se liquéfier ! Et j’ai l’impression que mes yeux sont comme deux phares qui lui feraient des appels incessants : « baise-moi, allez, baise-moi ! » Sitôt entrés, je lui donne une ampoule et l’envoie dans la salle de bains, prétextant devoir préparer le café. Ce que je fais d’ailleurs, vite et bien : deux capsules dans la machine, et hop. Et maintenant ? Dans quelques minutes, il va revenir. Je déboutonne un, puis deux boutons de mon chemisier. Suffisant ? Sans doute. Mais mon excitation me fait perdre la raison : d’un coup passe devant mes yeux la nuisette super sexy que je me suis achetée juste après mon divorce (j’en avais besoin et envie, ne me jugez pas !) : courte et vaporeuse, en dentelle noire avec un décolleté on ne peut plus provocant, renforcé par un push-up. Je pose les deux tasses de café sur un plateau et je me précipite dans ma chambre en embarquant le tout. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, j’ai fait tomber le chemisier et la jupe et j’enfile la nuisette. J’en profite pour changer de culotte (celle que je porte est trempée). Le piège est fermé, et je sors de la chambre avec l’assurance d’une reine, qui doit contraster avec les cafés que je m’apprête à servir.

Et puis le drame. Oh, pas un accident bête, une chute idiote, un café renversé. Juste une image, renvoyée par un miroir accroché au mur alors que je dépose le plateau sur la table basse. Celle d’une pin-up plantureuse dont les apprêts traduisent avec évidence l’intention de séduire ? Peut-être. Mais je ne vois qu’une femme de quarante-quatre ans qui s’est mise à moitié nue pour servir le café à un jeune homme de plus de vingt ans de moins que lui qu’elle a rencontré il y a deux heures à peine. Cela me fait l’effet d’une douche glacée. En un instant, Carole la reine cougar laisse place à Carole la maman. Au pire des moments. Car mon regard ne décolle du miroir que pour tomber sur Julien, qui vient de sortir de la salle de bain. Je pense qu’il voulait dire quelque chose, mais le pauvre s’est figé sur place dès qu’il m’a vue. La bouche béante, il a les yeux littéralement rivés sur ma poitrine, que je ne peux même pas essayer de cacher vu que j’ai toujours le plateau et les tasses de café dans les mains. Cette situation m’aurait rendue folle d’excitation il y a cinq minutes à peine, mais là, je ressens juste un immense malaise, et j’ai envie de disparaître entre deux coussins de mon divan. C’est Julien qui rompt le silence, non sans difficultés :

— Euh… Je pense que… Je euh… Il faut que j’y aille, balbutie-t-il.

Je ne suis pas mieux lotie : je parviens à peine à bredouiller que, bien sûr, je comprends, que je suis navrée… Après un instant suspendu qui me semble interminable, Julien semble revenir à lui et se précipite vers la sortie. Un peu trop vite, d’ailleurs : je n’ai pas le temps de m’écarter, et le voilà qui percute le plateau toujours dans mes mains. L’une des deux tasses se renverse, arrosant copieusement le bas de la chemise et le haut du pantalon de Julien. Je lui dis que je suis vraiment désolée, il fait de même, je ne sais plus où me mettre. Je me précipite dans la cuisine pour chercher un torchon, de l’essuie-tout, n’importe quoi. Quand je reviens, Julien s’est assis sur un bord du divan pour éviter que tout le café ne ruisselle par terre, et s’essuie comme il peut avec un mouchoir qu’il a trouvé je ne sais où.

Sans réfléchir, je vais l’aider. Et pour cela, je ne trouve rien de mieux à faire que de m’agenouiller entre ses (grandes) jambes pour venir lui essayer le haut des cuisses avec mon torchon… Je fais cela machinalement (je le jure !), et ce n’est que lorsque je vois que Julien a arrêté de s’essuyer et ne bouge plus que je lève les yeux vers lui. Il a le visage cramoisi et me regarde d’un air hébété. Ou plutôt il regarde mes seins, mais je ne peux pas lui en vouloir étant donnée la vue affolante que je lui offre. Vue d’autant plus provocante que mes deux seins ballottent doucement l’un contre l’autre, vu que je suis toujours en train d’essuyer Julien. Je me fige à mon tour, rouge de honte. Mais un peu trop tard : je sens la verge de Julien durcir d’un coup dans son pantalon. Je ne peux m’empêcher de baisser les yeux vers son entrejambe, où je constate qu’en effet, c’est très, très gonflé. Je ne sais pas ce qui me prend (je voulais sans doute rompre ce silence insupportable), mais je ne trouve rien d’autre à lui dire que je suis rassurée parce qu’il « n’a pas l’air de trop m’en vouloir ». Mais quelle conne ! Le pauvre est sur le point de tomber dans les pommes et je lui sors un truc pareil… Mais le pire est à venir, lorsque j’entends Julien me répondre :

— Euh oui, oui… me dit-il dans un soupir, les yeux toujours fixés sur mes seins.

S’en est trop pour mes nerfs : je suis prise d’un irrépressible fou rire. C’est comme si mon cerveau voulait se vider de toute la gêne horrible qui me pèse depuis quelques minutes : je ris, je ris, mais c’est en même temps, je m’en veux terriblement, car je me rends bien compte de ce que doit ressentir le pauvre Julien. Et tout en m’étouffant à moitié, j’essaye de lui faire comprendre en bougeant la tête et les mains que ce n’est pas contre lui. Je réussis finalement à reprendre mon souffle et, les larmes aux yeux, je lui dis que je suis vraiment désolée, qu’il n’y est absolument pour rien et que c’est l’absurdité de cette situation qui m’a fait exploser de rire. Surtout, je m’excuse pour ma tenue, totalement inappropriée : je lui explique que je ne sais pas ce qui m’a prise (alors qu’en fait si, c’est juste que j’ai été incapable d’assumer jusqu’au bout…).

Et là, miracle : Julien n’est pas du tout vexé (alors qu’il y aurait de quoi). Mieux, il me dit que ce n’est rien et me rassure gentiment, ajoutant même qu’il a passé une très bonne soirée. Et surtout, il ajoute :

— Et puis, j’avoue… Je vous trouve vraiment jolie et attirante.

Bon, je crois qu’il a aussi ajouté « pour votre âge », mais son petit sourire en coin son ton « séducteur timide » suffit pour me le faire oublier, et surtout pour me troubler les sens jusqu’au fond de la culotte… Du coup, je feins l’étonnement (à moitié seulement), comme pour l’inviter à continuer.

— Oui, oui, je vous assure poursuit-il un peu maladroitement (ce qui me fait craquer encore plus). Et puis la nuisette… Elle vous va vraiment bien.

Je sens qu’il hésite un peu avant d’ajouter :

— Et puis elle… elle vous met bien en valeur.

Je ne peux m’empêcher de rire en voyant que tout en me disant ça, il lutte comme un fou pour ne pas regarder mon décolleté. Mais même un peu maladroits, ses compliments me vont droit au cœur (et aussi un peu plus pas), et m’ont rendu mon humeur joueuse. Tout en le regardant droit dans les yeux, je me relève doucement et je me penche vers lui. Je lui dis que je suis désolée, que je ne voudrais surtout pas abuser, mais que j’ai un tout dernier service à lui demander. Avant qu’il ne me réponde, je pose mes mains sur ses genoux et je lui plante mon décolleté juste sous le nez, tout en lui disant que je comprendrais qu’il refuse, car il est déjà tard, et je ne voudrais pas lui faire rater le dernier métro. Je vois qu’il essaie de résister, au moins une poignée de secondes. Puis il finit par plonger ses yeux dans mes seins en lâchant un réjouissant :

— Oui, bien sûr… Tout ce que tu veux…

Je n’en peux plus. Je remonte doucement mes mains vers son entrejambe. Tout semble très dur à nouveau. Je finis par craquer à mon tour et je me lâche complètement : je lui chuchote à l’oreille que je suis vraiment très excitée, que ma chatte est toute mouillée et que j’aurais vraiment besoin d’une grosse bite bien dure, là, tout de suite…

Sans un mot, il empoigne mes deux seins à pleine main, les sortant de ma nuisette, tout en plongeant la tête dedans. J’ai l’impression que son sexe va exploser dans son pantalon alors qu’il me pétrit et me lèche les seins. De mon côté, je lui malaxe le sexe à travers son pantalon d’une main. Je passe l’autre sans ses cheveux, pour lui plaquer davantage la tête contre ma poitrine tout en la lui secouant entre mes deux seins. Il bave, je sens sa salive couler le long de mes seins : je lui demande s’il aime mes gros seins, je le traite de cochon, tout cela m’excite encore davantage.

Du coup, j’aimerais qu’il lâche un peu ma poitrine (j’ai souvent rencontré ce problème avec les hommes au lit) pour s’occuper du reste. J’attrape vivement l’une de ses mains que je fourre littéralement dans ma culotte. Pas besoin d’en faire plus, il semble comprendre ce que j’attends puisqu’il enfonce rapidement deux doigts dans mon vagin. Enfin ! Je me sens devenir une chienne en chaleur, je ne me gêne pas pour le dire d’ailleurs : « je suis sa chienne, sa salope, il peut faire de moi ce qu’il veut… » Hélas, trop réservé ou pas (encore) assez excité, mon jeune étalon n’ose pas se lâcher complètement, il se contente de répondre « oui, oui » à ce que je lui dis entre deux soupirs. Qu’importe, je me lève et le repousse doucement, pour m’allonger sur le divan, écartant légèrement les jambes. Il enlève (enfin !) son pantalon et son joli boxer, et j’ai à peine le temps de voir furtivement son gros membre turgescent qu’il se jette sur moi et me pénètre. Ah, vigueur de la jeunesse !

Il en profite pour attraper à nouveau mes seins (comme la plupart des hommes, j’ai l’impression qu’il a découvert un trésor), mais je l’invite plutôt à attraper mes cuisses et à mettre mes jambes sur ses épaules. Il obtempère, et la position n’a pas l’air de lui déplaire. À moi non plus, c’est même l’une de mes favorites, et elle me permet de profiter au mieux des réjouissants coups de reins et de toute la virilité de mon jeune étalon. Je sens son gros membre me pénétrer de toute sa longueur, encore et encore, de plus en plus vite, de plus en plus fort. Je dois me retenir pour ne pas crier. Puis finalement, je sens l’orgasme arriver, sans pouvoir l’empêcher. J’arrive dans un petit cri de plaisir, bien qu’un peu trop rapidement à mon goût. Lui n’a pas encore joui, et continue donc ses mouvements de va-et-vient toujours plus intenses. Alors qu’il continue de me prendre, me vient une idée délicieusement perverse. Tout en douceur, je l’arrête et m’extirpe de lui. Il n’était sans doute pas très loin d’arriver, car il me regarde d’un air surpris. Je lui dis que s’il veut jouir à son tour, il va falloir le mériter, et se lâcher un peu plus. Un peu décontenancé, il me dit :

— Euh, je ne suis pas sûr. Tu sais, les insultes au lit et ce genre de chose, ce n’est pas vraiment mon truc…

Vraiment ? C’est ce qu’on va voir mon chéri, je vais te rendre fou, te faire perdre la tête… Je l’invite à se mettre en position assise, et je viens me glisser entre ses jambes, agenouillées. Puis j’attrape sa queue, et je viens la glisser entre mes seins, en lui demandant si cela ne lui plairait pas d’avoir une femme comme moi sous ses ordres et de faire de moi tout ce qu’il veut.

— Je sais pas… Je… Je pense pas que ce soit trop mon truc, parvient-il à articuler avec quelques difficultés.

Tout en le fixant droit dans les yeux, je commence à faire glisser son sexe encore tout luisant de ma mouille entre mes seins. Je lui dis que ça m’étonne de la part d’un obsédé des gros seins comme lui. Il ne réagit pas. Enfin pas sa tête. Car son sexe, lui, est redevenu bien rigide. Puis je lui demande s’il pensait qu’on en arriverait là tous les deux lorsqu’il m’a répondu sur le site ? Moi à ses genoux, en train de lui faire une branlette espagnole ?

— J’avoue que non ! J’étais très loin de me l’imaginer, me répond-il dans un sourire.

Je lui rétorque que c’est parce qu’il est sans doute un peu jeune et encore naïf. Et j’ajoute malicieusement que moi, je le savais, et que c’est ce que j’avais prévu lorsque je l’ai contacté sur le site. Je vois qu’il est troublé, je continue en lui disant que je peux faire à peu près ce que je veux d’un homme avec ma poitrine. Je lui raconte toutes les photos que j’ai dû supprimer pour éviter de me faire harceler, je lui décris celles (fictives) que j’ai failli lui envoyer pour être sûr qu’il finisse dans mon lit. J’exagère à fond mon côté manipulatrice, et j’emploie volontairement un langage très cru (qui me surprend moi-même) : je lui raconte le chemisier déboutonné. Comment je me suis collé à lui dans la rue, tout ça pour le faire bander et qu’il m’accompagne chez moi. Je mens même de manière éhontée lorsque je lui dis que tout était prévu depuis le début, la lampe à changer, la nuisette, le café renversé pour finir à genoux devant lui.

Et surtout, je lui explique comment à chaque fois, j’ai pu constater à quel point ça marchait : comment il louchait sur mon décolleté au restaurant. Comment il était devenu subitement si gentil et serviable après. À quel point il bandait dans la rue, au point de ne même plus pouvoir marcher droit. Comme il s’est empressé de monter chez moi, comme un gentil petit chien… J’en rajoute, j’en fais des tonnes, et en même temps, je continue de le branler entre mes seins, en le regardant droit dans les yeux. Je vois monter en lui un mélange d’excitation, de gêne et de colère. Il est en train de perdre la tête. Je conclus ma démonstration en affirmant que mon plan a parfaitement marché, et que j’en avais la preuve, là, juste entre les seins. Mais surtout, je veux l’entendre de sa bouche, et qu’il lâche prise complètement. Alors, est-ce que mon plan a bien fonctionné ?

— Oui ! me dit-il d’une voix claire et forte en se levant d’un coup.

Je suis toujours à genoux, j’ai son énorme queue juste devant le visage. Je lève les yeux vers lui, et en minaudant, je lui demande comment cela se fait ?

— Parce que je suis un porc ! Et toi, tu es une grosse salope ! me hurle-t-il en enfonçant sa queue dans ma bouche jusqu’au fond de ma gorge.

J’ai un haut-le-cœur, mais en même temps, je suis excitée comme jamais. Je m’étouffe presque alors qu’il m’impose un va-et-vient brutal dans la bouche, tout en me tenant par les cheveux. J’ai obtenu ce que je voulais, il a carrément perdu toute retenue et toute pudeur, et me tiens des propos on ne peut plus explicites :

— Oui, tu m’as bien fait bander avec tes gros seins ! Toute la soirée, j’ai pensé à te sauter !

D’un coup, il retire sa queue de ma bouche, et me regarde avec des yeux de fous. J’ai de la bave qui coule le long de ma bouche, je suis toute décoiffée, mais que c’est bon ! Je lui dis que je suis sa chose, sa chienne. Il m’interrompt :

— Oui, et maintenant, je vais te prendre comme une chienne !

Joignant le geste à la parole, il me soulève et me retourne littéralement sur la table basse, avant d’enfoncer sa queue dans ma chatte. Je ne peux retenir un cri de plaisir lorsque je sens son bassin venir percuter mes fesses. Jamais je n’ai été prise comme cela, avec tant de fougue et de violence. Il continue à vociférer son désir pour moi, je l’encourage en lui disant que je suis une salope, une grosse vache, tout ce qu’il veut pourvu qu’il me défonce… Très vite, je n’entends plus rien, et je me contente de gémir et d’ahaner comme la chienne que je suis devenue, plus rien ne compte à part cette énorme bite qui semble vouloir me traverser de part en part à chaque nouveau coup de reins.

Je finis par jouir en hurlant de plaisir, alors que je sens le sexe de Julien vibrer et exploser en moi. Dans les soubresauts de son éjaculation, il vient s’affaler sur moi. Nous restons plusieurs minutes ainsi, sans dire un mot, lui sans doute fortement troublé par ce qu’il vient de vivre, moi à récupérer et à reprendre mon souffle. Il finit par se relever doucement. Je me retourne, et je le regarde en souriant, afin de dissiper tout malaise. Il a manifestement repris ses esprits, et semble très gêné par ce qu’il vient de se passer. Bon sang, il est vraiment trop chou, j’aurais presque envie de lui ressauter dessus, là, toute de suite ! Je le rassure, déjà en lui disant à quel point cela avait été bon ; et surtout en lui disant que j’avais largement exagéré ce que je lui avais dit avant qu’il me saute dessus : je voulais surtout qu’il se lâche complètement, et ça m’avait semblé être un bon moyen…

— Oh, ça oui ! me dit-il dans un grand éclat de rire, alors que je le prends par le bras et que nous allons nous coucher.

D’ailleurs, c’est lui qui me sautera dessus au réveil pour remettre ça, et je le laisserai faire avec plaisir, cette fois-ci comme les nombreuses fois qui arriveront par la suite…

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