L'audacieuse

Son regard.

C'est la première chose qui m'a touchée. Ce regard perçant qui te pousse dans tes retranchements: vas-tu tenir son regard ou baisser les yeux ?

C'est dans ces moments-là que tu trouves une force qui te transcende, qui te fait passer dans une nouvelle dimension. Je me sentais dévoré par son regard, c'est elle qui menait la danse. Nous nous scrutions doucement. La joute verbale qui s'en suivait n'était que secondaire, celle-ci n'est qu'une simple figurante, habillant une scène plus large. Les doigts se frôlent sur la table de café, les pieds mènent cette petite danse caractéristique aux premières dates : on se cherche, on se frôle, pour mieux se retrouver dans l'intimité. Cette parade nuptiale évolue et je suis tiraillé entre deux vents contraires : poursuivre la joute verbale et corporel, ou amener le jeu à un autre niveau. Alors que mon moi intérieur confrontait plaisir charnel et beauté du jeu, elle avait déjà tranché. Elle ne voulait pas le faire de manière classique, elle voulait quelque chose de spécial. Comment se dérober de cette tentation servie sur un plateau ?

Arrivé devant son appartement, un dernier baiser contre la porte. Elle retarda la petite découverte qui raviva ma curiosité, et tempéra mon agitation l'espace d'un instant. En entrant, une douce odeur de vanille avait enveloppé la pièce, quelques bougies ici et là pouvaient donner libre cours à un jeu d'ombres pour le moins inspirant. Mais voilà que dans ce décor de bougies parfumées, trônant fièrement, se trouvait une bougie pour le moins singulière. Singulière, mais correspondant parfaitement à son personnage: insolente, directe, tout en étant provocatrice. "Ah le doigt d'honneur... Je l'ai trouvée sur TalQ, c'est une pote qui me l'a montrée... C'est un site qui parle de sexe de façon décomplexée, j'ai trouvé ça cool... Elles ont un podcast, je te ferai écouter... Oui... Si t'es sage... Bah tu verras..."

Sûre d'elle, comme lorsque elle me mordille le cou tout en s'introduisant dans mon pantalon. La chaleur de sa bouche me fait tressaillir : que donnerait cette chaleur buccale employée à un autre effort ? Pas le temps de fantasmer davantage, mon envie de la conquérir la tire vers moi dans le canapé. Assise à califourchon, le frottement de nos épicentres respectifs ne font que monter la tension à son paroxysme. Va-et-vient, caresses, soupirs, regards perçants, nos cinq sens sont poussés toujours plus loin dans leurs retranchements. Elle attrape mon membre, le caresse, tout en embrassant mon lobe d'oreille. Je n'en peux plus : le volcan au fond de moi bouillonne. J'attrape ses cheveux et les tirent en arrière pour embrasser ce cou, vulnérable à toute stimulation, soumis à mes envies. Chaque coup de langue sur son cou accélère son va-et-vient: il n'y a qu'un pas pour notre fusion charnel.

"Je reviens"

Où va-t-elle ? Comment peut-t-elle me laisser comme ça, débordant d'énergie ? Voilà qu'elle revient, un petit tube à la main. Du lubrifiant ? voilà qu'elle s'étale le contenu sur les lèvres. Elle se rapproche. Elle me sourit. "Tu verras, ça va te faire tout drôle...". Et comment. Chaque aller et retour apporterait son lot de fraicheur et chaleur. Glace et magma. Au-delà de ce torrent mental, la délicatesse et la tonicité du geste buccal me poussa dans mes retranchements plus d'une fois. Seul un effort mental conséquent fut salutaire pour tenir le cap face à cet ouragan d'émotions transcendantes. Je veux maitriser l'incontrôlable. Je l'attrape vers moi, et l'embrasse plus fougueusement que jamais. A mon tour de prendre l'initiative, de lui rendre la pareille. Mes caresses au bas-ventre sont en accord avec sa respiration, ses soubresauts. Nous ne formons qu'un, une seule et même unité dédiée à notre plaisir charnel. Pas le sien et le mien. Notre symbiose. 

Vient alors le moment.

Mon regard se plonge dans le sien, l'espace d'une seconde. Une seconde suffisamment longue pour que nos regards se dirigent sur sa commode illuminée, illuminée par ses bougies et notre désir. Elle me montre une boite. J'arrive discrètement à lire "Double Dong" malgré mon regard flou et tressaillant de désir. Elle me propose de l'utiliser, moi qui n'ai jusque-là jamais eu de partenaires avec tant d'audace et qui n'ai jamais utilisé de sextoys durant mes moments charnels. Mais j'aime ça, l'idée de lui faire plaisir, de faire une pause pour que ce moment dure indéfiniment. J'ai le contrôle, je sais quand m'arrêter pour que nous puissions avoir cette symbiose mutuelle de jouissance. Je me sens à l'aise, je ressens son désir, ses gestes sur le lit avant que je ne le retire d'elle, le jette et la possède. Quelques va-et-vient sur son sexe. 

C'est parti...

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