Fontaines éternelles

Je veux boire à la paille de ton bassin fébrile
Aspirer tes roupettes et leur vie sirupeuse
Inonde-moi d’indécence, de ta sève généreuse
Fait jaillir ta verdeur sur ma terre fertile

Puis-je m’abreuver le gosier au robinet?
Haleter de labeur, agenouillé ou assied
Sur mes lèvres élimées et mon fion fissuré
Applique la crème en bonne quantité

Lampée par lampée, j’absorberai ta laitance
Mes sentines grivoises, te videront de tes sens
Je me parfumerai aux jets de ton essence
Que je m’appliquerai en grande abondance

Tu sécrètes et tu suintes des flux de bonheur
Lave-moi de tes reins, de ton corps en sanglot
Une rincée d’ambroisie si chaude, si salace
Que je m’en gargarise et jamais je ne crache

Notre danse nuptiale fleurie sous tes pluies
Déluges et tempêtes me trempent jusqu’aux os
Ta giboulée me gifle et ma terre en défriche
Se baigne, se repais, à la fontaine de tes eaux

Tourne-toi que je m’extasie devant ta croupe en prose
Et que j’hume à grand coup le bouquet de la rose
Passe ta bague à mon doigt si tu oses nous marier  
Que je cure par secousses tes fondements énervés

Ouvre tes ailes pour que d’un seul élan
Je perce l’embouchure du secret de tes flancs
Que je plante ma semence en ton champ d’épandage
Engraissé de fumier, qu’à ma graine tu partages

Qu’il soit doux et carné, ou glaiseux et cendré
Qu’il soit suave et sucré, ou fétide et piqué  
Je ne suis qu’un gueux en ton noble cloaque
Gave-moi en émoi, de la raclure de ton choix

J’ai faim et je mange à même le pot
Une sauce rosée agrémente le morceau
Ma langue se régale de tes chairs humides
De tes huiles naturelles, du filet de tes ruines

Que s’exhalent les flots de notre amour triomphant
Accueillons en nos êtres nos épais ruissellements
Que nos peaux se souviennent par leurs vifs relents
De nos étreintes éternelles, embaumées d’or blanc
Merci à un écrivain anonyme 

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