Du coin de la bouche

C’était la nuit. Il faisait froid, il pleuvait un peu, et moi j’étais dehors. Quelle galère. Je battais le pavé avec mes pompes qui prenaient l’eau, et j’allais à un dîner chez des gens que je ne connaissais pas. J’y rejoignais un pote qui était un ami commun et qui m’avait fait venir, soi-disant parce que j’étais trop enfermé chez moi. Tu parles, ça faisait une poignée de mois que j’étais célibataire, et j’étais bien saoulé. « Tu rencontreras peut-être quelqu’un. On sera 6-8 tout au plus, et à part le couple qui nous accueille, personne n’est maqué. On fait souvent des soirées chez eux, ils sont sympas, même si lui je le connais moins. Et puis ça se trouve, tu vas choper, ça te ferait du bien de niquer ! » Classe. Et merci pour l’agence de rencontre à la petite semaine, mec.

Quand j’ai débarqué, tout le monde était déjà arrivé. J’étais le seul à être mouillé, mal habillé et à avoir apporté une bouteille de rouge pas bio. J’ai tout de suite repéré les célibataires. Pas compliqué, elles s’étaient sapées pour attirer l’œil, tout en prenant bien soin de ne pas faire provocatrice. Elles portaient toutes le genre de tenue que tu ne choisis jamais dans une soirée posée chez des potes. Ça sentait fort le traquenard, tout ça, et je n’aimais pas les rencontres arrangées. Les mecs célibataires avaient tous une coiffure travaillée, que ce soit la bonne petite raie sur le côté ou les cheveux naturellement ébouriffés avec du gel et la barbe de trois jours tous les jours. J’ai rencontré le couple qui nous accueillait, on s’est échangé des banalités de première rencontre. Lui était insipide, du style qui se travaille pour faire beau gosse. Elle était pas mal, mais du genre effacée derrière sa potiche de mec. Entre les deux, c’était clairement lui qui avait fait une bonne affaire.

La soirée était inintéressante. Les discussions tournaient autour de sujets d’actu faussement clivants, et je cochais presque toutes les cases de mon bingo personnel : des mecs qui se font mousser en racontant leurs succès, une blagounette raciste par-ci, misogyne par-là, le tout bien maquillé derrière un faux second degré, et avec le clin d’œil pour appuyer s’il-vous plaît. Et le mari n’était pas en reste, et devant sa femme en plus. Abusé. En y regardant de plus près, elle était plutôt jolie, pas du genre plantureuse ostentatoire, mais plutôt bien proportionnée, avec des formes qui lui conviennent et la mettent en valeur. Le genre de fille qui passe inaperçue sous un manteau, mais qui est clairement bonne une fois sous la couette. Direct, je matais sa poitrine et essayais d’imaginer sa forme ou à quoi pouvaient bien ressembler ses seins une fois dans mes mains.

J’étais perdu dans mes considérations anatomiques, quand la dernière croix tomba dans mon bingo : la discussion de cul. L’alcool avait un peu coulé, les invités étaient en confiance et les esprits s’étaient désinhibés. La plupart des gars entamèrent alors la parade amoureuse habituelle, affichant leur tableau de chasse, passant bien soigneusement leurs râteaux sous silence. Après tout, il ne faudrait pas passer pour un branquignol. Évidemment, c’était notre hôte qui s’en sortait le mieux, et bien dans le cliché du mâle dominant. Quelle goujaterie d’exposer sa vie de cul à tout le monde devant sa femme. Du côté des filles, ça ne reluisait pas plus. Tous les archétypes y passaient : la superficielle qui cherche le mâle alpha, la coincée qui rougit, la prête-à-tout qui veut tout tenter… Moi j’essayais de trouver la fille discrète et épanouie, prometteuse d’une bonne baise. Il n’y avait qu’elle, sa femme, qui sortait du lot. Elle avait peu participé, mais on sentait tout de suite qu’il y en avait plus que ce qu’elle disait. Discrète et épanouie. Elle devenait intrigante. Ça me donna envie de la découvrir plus. Je dis alors un truc un peu osé et légèrement provocateur pour voir l’effet que cela lui susciterait. La plupart des invités sautèrent direct dans le piège en répondant des banalités conformes à leur cliché. Mais elle, elle se contenta de me dévisager. Je crus y déceler de l’intérêt, sans pouvoir savoir si c’était la discussion ou moi qui l’intéressait. Je ne décrochais plus d’elle. J’avais envie de la dévoiler plus, de découvrir ce qu’elle cachait sous cette façade impassible et bien-pensante. Je la détaillais avec envie. À la manière dont elle caressait innocemment son verre, croisait ses jambes nues et lançait des regards, j’étais sûr que c’était une petite cochonne au lit. Elle irradiait d’assurance. C’était sûr, elle savait comment faire monter quelqu’un. Elle était presque vénéneuse. Et cela me faisait de l’effet. J’étais sûr qu’elle le savait, qu’elle en jouait. Bon sang, essayait-elle de me séduire ?

Alors que je la regardais, elle tourna la tête vers moi. Jusque-là, elle ne m’avait accordé qu’une attention polie. Mais là, pendant une minuscule seconde, nous nous regardâmes dans les yeux. Oui, ce regard. Celui qui t’accroche, qui te tente. Qui dit qu’elle a envie. Le regard qui ne trompe pas. Elle me lança un sourire fugace. Oui, ce sourire. Un petit sourire de rien du tout, mais ce genre de sourire en coin, un peu retenu, mais clairement dessiné. Il est timoré, mais il est clairement pour toi. Ce sourire un peu ambigu, du genre qui dit qu’il veut, mais sans être franc, qui tâtonne juste pour voir si toi aussi tu es de la partie. Ce sourire qui, en plus, rend son visage désirable et lui donne une expression partagée entre l’ingénuité et la lascivité. J’avais déjà eu le temps de fantasmer sur elle (comme sur les autres filles de la soirée d’ailleurs), mais là je la désirai. Et s’il y avait moyen ? Au bout d’un moment, son mari finit par vider le fond de la bouteille dans un verre. Elle s’en saisit et se leva :

« Je vais chercher à boire, » dit-elle.

Je la regardais disparaître de la pièce. Son cul chaloupait sous sa jupe de manière plutôt aguicheuse, mais discrète. Trop discrète. Peut-être était-ce sa démarche habituelle, et qu’elle n’essayait pas de m’inviter à la suivre. Après tout, elle était mariée, officiellement pas dispo. Officiellement. Tout de même, si j’allais la retrouver et que je me plantais, j’étais bon pour la plainte pour attouchements et le cassage de gueule de la part de son mâle.

J’attendis un peu, puis me décidai. Je prétextai d’aller aux toilettes et la suivis dans la cuisine. Elle était occupée à déboucher une bouteille de vin rouge. Je la voyais de dos, et sa jupe était suffisamment courte pour montrer ses cuisses, mais suffisamment longue pour ne pas trop en dévoiler. L’infernal vêtement lui allait bien : mon regard était attiré par son cul et ses jambes, présentés telles des offrandes, mais il barrait la vue au moment le plus intéressant, et j’étais obligé d’imaginer ce qu’il y avait en dessous. Peut-être ne portait-elle pas de culotte ? Cela irait bien avec son style, le vice caché sous l’élégance. J’avais envie d’y glisser la main. Elle était seule, et les éclats de voix et de rire provenant de la salle à manger indiquaient qu’on nous avait momentanément oubliés. C’était l’occasion parfaite. Sans me cacher, je me glissai dans son dos, la saisis par les hanches et me collais à ses fesses. Elle ne me rejeta pas, bien au contraire. Elle sourit. Le genre de réaction qui ne trompe pas : elle m’avait clairement invité à la suivre et savait que je n’aurais pas pu résister à l’envie. Je l’embrassais dans le cou. Elle se laissa faire en penchant la tête. C’était parfait, alors je décidai d’aller plus loin. Je passais les mains sous son t-shirt pour remonter jusqu’à ses seins. Elle se dégagea en me sortant les mains de sous son vêtement. Était-ce sa limite ? Était-elle plus prude que ce que j’avais imaginé ? J’insistais, mais elle se dégagea en souriant. Encore ce sourire. Ce sourire à la fois mignon et sensuel. Je compris : elle voulait contrôler le jeu. C’était payant. Il fallait que je trouve comment obtenir ma récompense. Je caressai son cou. D’une main, je passai les doigts dans ses cheveux, et de l’autre je pris son menton, sa joue et son visage, la tournai vers moi et l’embrassai. Elle se laissa faire. Elle m’embrassa même à pleine bouche, caressant avidement ma langue avec la sienne. Je remontai alors mes mains contre ses seins, et elle me laissa faire. C’était gagné. Tout en l’embrassant avec la même intensité, je glissai ma main dans son soutien-gorge pour caresser le bout de son sein. Elle se dégagea un peu, mais sans assez de conviction pour que j’y croie. Je sentis son téton durcir et sa respiration accélérer. Elle en avait envie. Elle n’arrivait pas à bien contrôler le jeu. Il y avait moyen de la dominer. Elle était concentrée sur les caresses. C’était le moment de pousser mon avantage. 

Je fis glisser ma main le long de son ventre, vers le bas. Sans hésiter, j’entrai dans sa culotte et vins frotter ses poils du bout des doigts. Elle était clairement épilée. Elle aimait donc exciter le regard. C’était une aguicheuse. Elle serra les cuisses pour m’empêcher de lui mettre un doigt, et elle se tortilla même pour se dégager lorsque j’essayais de glisser le majeur pour aller chercher son clitoris. La coquine, elle faisait mine de me résister, mais je sentis tout de suite qu’elle mouillait. Elle voulait y mettre la forme, montrer que c’était elle qui décidait de ce que je pouvais lui faire. J’aurais pu forcer le passage, je savais qu’elle finirait par se laisser toucher, mais je préférais qu’elle s’ouvre à moi d’elle-même, lui montrer que c’était elle qui ne pourrait pas me résister, et moi qui dirigeais les événements. Je voulais la dominer, et pour cela il fallait que je l’excite. Je l’embrassais goulûment, tout en frottant doucement son mont de Vénus, comme si je me résignais. Je retirais ma main de sa culotte pour lui caresser le dos, depuis sa nuque jusqu’à la cuisse, en prenant mon temps, en l’effleurant à peine. J’allais chercher l’intérieur de son genou, puis caressai délicatement l’intérieur de sa cuisse du bout des doigts en faisant remonter sa jupe. C’était un leurre pour l’attendrir et cela ne manquait jamais de faire son petit effet : je sentis la chair de poule lui recouvrir la jambe. De l’autre main, je saisis sa hanche et me collais encore plus à son cul pour qu’elle sente qu’elle me faisait bander, et commençai à me frotter à elle, comme si je ne pouvais pas me retenir. Elle se dégageait furtivement, comme pour m’inciter à y retourner. La petite maligne, elle voulait me faire perdre mes moyens et reprendre le contrôle de la situation. Elle voulait dicter mon plaisir. Je savais qu’il fallait qu’elle sache qu’elle m’excitait et lui faire croire qu’elle avait le champ libre pour faire ce qu’elle voulait. Je savais comment retourner le jeu, et en me débrouillant bien, j’arriverai à la sauter là, tel quel. Il faudrait faire vite pour ne pas qu’on nous surprenne, mais même la prendre quelques secondes me suffirait. Si je lui éjaculais dedans, c’était moi qui avais gagné. J’étais persuadé qu’elle le savait et qu’elle chercherait à m’amener au plus près de l’orgasme sans me faire jouir, pour me laisser en plan. Je continuai à frotter mon sexe contre ses fesses, pantalon contre jupe. Je glissai les mains contre son corps et me mis à caresser ses seins. J’allais chercher ses tétons dans son soutien-gorge, et je fis mine de haleter à son oreille en accélérant le mouvement contre son cul. Je la sentis sourire, immobile. Elle croyait m’avoir au bout de sa ligne. D’une main, je fis mine de retirer ma ceinture et de soulever sa jupe. Elle voulut m’arrêter pour dominer le jeu, et je la sentis serrer les fesses. Elle attrapa ma main et ma ceinture pour m’empêcher de dégainer, et je profitai de l’ouverture. Je l’embrassai avec passion, tout en effleurant sensuellement ses tétons. Je plaquai mon autre main contre sa cuisse, l’écartai et glissai dans sa culotte. Elle avait bien mouillé, elle était mûre. Dans la foulée, je lui mettais un doigt sans me retenir, tout en frottant son clitoris avec l’intérieur de la main. Elle fut prise au dépourvu, mais ne pouvait gémir, sous peine de se faire entendre. Elle savait que je l’avais feinté. Elle voulut se dégager, mais son sexe avait gonflé, et elle mouillait chaudement. Elle aimait trop que je la branle. Je pris fermement sa hanche et la plaquai contre moi. Non seulement cela lui maintenait les cuisses écartées et me laissait le champ libre pour la doigter, mais elle n’avait pas pensé à bouger sa main, qui se retrouvait maintenant bien collée contre mon sexe. Je n’avais plus qu’à me frotter à elle. Elle avait les mains fraîches et elle dut sentir encore plus la chaleur de ma bite. J’avais son sexe au bout de mes doigts, et elle avait le mien dans sa main. C’était moi qui dictais l’échange. Elle ne résista pas bien longtemps : il ne suffit que de quelques va-et-vient contre sa paume pour qu’elle cède. Elle m’empoigna à pleine main et se mit à me branler. Je lui mis un deuxième doigt et la masturbais plus vite. Elle se mit à haleter. Tout allait comme sur des roulettes. Encore un peu et j’allais pouvoir la baiser. Tout en continuant à la doigter, je saisis son menton de mon autre main et plongeai mon pouce dans sa bouche en le faisant glisser sur sa langue. Elle fit ce qui signait sa capitulation : elle me suça le doigt. Elle était cuite. Elle ne pouvait plus me résister. Je la laissais me le lécher quelques secondes, puis lui portai le coup de grâce. Je lui soulevais la cuisse sur la paillasse de la cuisine. Je dégageai mon sexe de sa main. Elle tâtonna bien dans son dos pour reprendre sa branlette, mais j’avais d’autres projets pour elle. Elle ne pouvait pas reprendre l’ascendant. De toute façon, je n’avais cessé de la doigter, et elle n’arrivait plus à se concentrer sur autre chose que son plaisir. J’en profitais pour me coller à son cul, bite bien dressée par-dessous, mon gland venant tout juste effleurer l’entrée de son sexe. D’ordinaire, je lui aurai frotté quelques va-et-vient pour qu’elle sente bien ce qui allait lui arriver, mais là je n’avais plus le temps. En outre, j’avais envie de tuer le match. Je lui enfonçai mon sexe d’un seul coup, en me guidant avec les doigts. Elle était bien excitée et je la pénétrai sans effort, en glissant facilement en elle. Malheureusement, sous l’impulsion, elle lança un petit cri de surprise et renversa la bouteille de vin qu’elle venait d’ouvrir. Zut. L’accident bête. C’était foutu. Je fis une ou deux poussées pour la forme, juste histoire qu’elle sente que je l’avais prise. Sa chatte était bien douce, suffisamment serrée pour accentuer mon plaisir, mais suffisamment large pour ne pas me faire jouir trop vite. Quel gâchis, ça aurait été un vrai plaisir. Je me retirai rapidement en lui glissant une caresse dans le cou du bout des lèvres. Je lui soufflai un : « dommage » au creux de l’oreille. Elle planta ses yeux dans les miens et me sourit. « Désolée », répondit-elle, non sans ironie. Son sourire en coin était terriblement excitant. À la fois innocent et complice. Délicieux de gourmandise. Je m’exhibai rapidement aux toilettes. À peine de l’autre côté de la porte, j’entendis une voix demander si tout allait bien, et elle répondre que oui, oui, elle était juste maladroite, dommage c’est une bonne bouteille, ne t’inquiète pas on la boira quand même, il en reste. Puis plus rien. J’attendis quelques secondes pour débander, tirai la chasse d’eau et rejoignis le groupe.

Il y eut l’inévitable blague lourdingue sur le temps que j’avais mis, la grosse commission, tout ça. Elle ne me regarda plus. Même pas assez fugitivement pour éveiller les soupçons. Elle ne fit pas le moindre geste, pas la moindre caresse du pied sous la table. Moi, j’étais frustré de n’avoir pas eu le temps de la faire jouir, ni même d’avoir éjaculé en elle. Je savais qu’il n’aurait pas fallu grand-chose pour qu’elle ait un orgasme. Vraiment dommage, cette bouteille. À moins que… Était-ce vraiment un accident ? Qui avait contrôlé le jeu ? Je repassai notre baise dans mon esprit. J’observais son visage plus en détail : elle souriait, riait, participait aux discussions. Pas l’ombre d’un sourire qui ressemblerait à celui qu’elle m’avait envoyé après que je me sois retiré d’elle. Ce n’était pas son sourire habituel. 

Elle vit que je l’observais. 

Elle me regarda intensément, comme pour me mettre au défi. C’était clairement une déclaration de guerre… ou de jeu. Il apparut. Là, juste au coin de sa bouche. Le sourire.

Ce sourire.

Merci à Tuco pour son histoire.

Laisser un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant d'être publiés